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Des incendies volontaires #4



Aurel


La route sinueuse et luisante, qui à mesure s'efface sous le rideau de brume, qui veut-elle rejoindre ?


Il n'y a que le soleil, tombé aux mains de la montagne, qui puisse nous dire l'horizon manqué ; ce qu'il y a derrière ces lacs aux yeux lavés, cet étirement du temps, cette beauté passagère rompue au levant. Ainsi le façonnage des pierres est diluvien ; et la pluie nous dira le secret des jours, elle qui a pourvu tant de nourritures terrestres jusqu'aux embouts de la mer morte.


Si peu choyé par nos mains, si peu goûté par nos lèvres, que pouvons-nous voler de feu dans cette ardente flambée de silence qui embrase la fin de l'hiver ?


Il y a l'entente immobile des oiseaux, sur le sursaut des branches, et la procession des insectes, et la divagation des chats, et les hommes qui, après de longs hivernages, attendent le dégel de leurs sens engourdis, embebolinés sous la neige.


Un King-Kong assagi et fourbu, las d'avoir tant combattu, veille sur ce territoire restreint, cette étendue courte coupée par l'éboulis des souvenirs. Une mémoire de pierres sèches, empilées les unes sur les autres, trace un mur instable et tremblant entre ces deux parcelles de nudité première que furent mon espoir et mon désir.


Entre les errements de l'air et du feu, il y a le silex incisif et tranchant de mes mains qui allument des feux de détresse pour le lointain.


Sur le versant nord de la solitude, je gravis le dos escarpé de la nuit. Le couchant est aussi voûté qu'il me soulève.


 
 
 

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